
En anglais, il y a l’expression « power through », qui n’a pas vraiment d’équivalent en français. « Faire front », peut-être, quelque chose comme ça. Avancer, coûte que coûte, jusqu’à la fin de la période, quelles que soient les difficultés. Et il faut reconnaître qu’elles s’accumulent. « On dirait qu’on arrive à la fin d’une course d’obstacle et que quelqu’un nous en balance toujours un de plus avant la ligne d’arrivée. » Ma blague fait rigoler, mais un peu jaune, en salle des personnels. Entre les réunions qui s’enchaînent, les élèves qui craquent, absolument pas reposés depuis les dernières vacances, et les divers bacilles qui nous agressent, notre vaillance est mise à rude épreuve.
Donc, tenir. Trouver de l’apaisement et de la joie dans les petites choses. Les affiches faites par les sixièmes, sans une seule erreur d’orthographe. Le fait qu’ils se soient tous vraiment appliqués pour leur dernière évaluation. Cette collègue, avec qui je fais du théâtre en-dehors, qui vient me proposer une répétition pendant les vacances. Se rendre compte que l’on arrive à faire cours malgré la crève, et qu’elle finit par baisser les bras, devant notre refus de céder, au terme d’une journée compliquée.
Ces jours sont ceux où on laisse le plus d’énergie, dans le simple but d’arriver au bout. De rester debout.