
Depuis quelques temps, je m’arrête devant chaque boîte à livres que je croise, pour en extraire des bouquins qui pourraient servir aux mômes de ma classe. Compléter les séries du bahut, qui partent en lambeaux, créer de petites bibliothèques, pour les élèves qui n’en n’ont pas chez eux. C’est marrant. Mais il y a aussi quelque chose de révoltant. De devoir aller pêcher, d’encore une fois devoir réparer les impossibilités que l’on abat sur les établissements scolaires. Enseigner de bric et de broc, toujours. Je ne devrais pas m’amuser à faire cela. Je ne devrais pas avoir à faire cela, ni moi, ni aucun de mes collègues. Toujours à écluser, avec nos petites casseroles, ce grand navire.