Lundi 31 mars

Même si c’est un cliché, ça fonctionne.

Quand j’enseignais à Grigny, on m’abrutissait avec cette image de la réussite scolaire en triangle : l’élève, l’enseignant et la famille. Maintenant qu’on arrête de me la présenter comme un catéchisme, je reconnais sans peine le mérite de cette image.

Prenons l’exemple de la sixième Feunard. Ils ne sont pas, de très loin, les meilleurs élèves de ma carrière. Ils ont leurs difficultés, leurs défauts – comme leur enseignant – et pourtant, ça fonctionne. Il est rarissime qu’un cours se passe mal. Parce qu’on sent que les familles sont présentes, chacune à leur façon. Très peu d’enfants qui doivent se débrouiller seuls chez eux, ou dont les parents n’ont aucun moyen d’aborder le système scolaire. Il ne s’agit pas de faire le procès des autres responsables. C’est un hasard de la répartition des classes.

Et ça fonctionne. Avec toujours ce même constat un peu amer : il suffirait, comme dit la chanson, de donner les moyens, humains, sociaux, financiers aux parents de comprendre ce qu’il se passe dans les écoles pour que tout fonctionne tellement mieux.

Les sixièmes Feunard, c’est un projet de société.

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