Lundi 15 septembre

Remise des premières évaluations. Et toujours ce discours, que je leur fais, en sachant que pour beaucoup, il sera vain. Ne vous laissez pas définir par le résultat que vous avez eu. Ne baissez pas les bras en vous disant que c’est une malédiction, ou une excuse, et qu’il n’y a rien à faire.

Bien entendu, je ne le dis pas ainsi. J’utilise des termes plus directs, des images simples. Même si l’objectif est toujours le même. Ne pas faire de ces pastilles de couleurs (on évalue par compétences à Renais), l’alpha et l’omega de leur parcours scolaires. Et maintenant, je le leur dis franchement :

« Je sais que c’est un langage de prof, hein, et que vous voulez de bons résultats pour éviter de vous faire gronder ou pour avoir la nouvelle switch. Mais je vous promets, je vous promets que ce n’est pas le plus important. »

C’est aussi pour cela que gagner leur confiance est absolument primordial. Que je suis heureux que certains commencent à plaider en ma faveur auprès de leurs potes – un petit groupe de gars que j’avais en sixième l’année dernière se comporte comme une bande de samouraïs à mon égard, par soulagement de m’avoir retrouvé cette année – parce qu’ils sont mes meilleurs ambassadeurs. Leur faire comprendre que ces mots, prononcés mille fois par mille professeurs ne sont pas en vains. On tente de ne pas reproduire, année après année, la malédiction qui pèse sur l’Éducation Nationale : réduire les élèves à des chiffres ou a des couleurs. Mais comme elle est puissante, cette malédiction.

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