Vendredi 17 octobre

« Je ne comprends pas. »

J’essaye de ne pas montrer que je me sens mécontent. Parce que ça n’est pas leur faute. Face à moi, les quatrièmes me jettent un regard perplexe.

« J’ai parlé avec votre professeur principal, et elle m’a dit que vous trouvez ce qu’on fait en français compliqué. Et j’ai l’impression de passer la moitié de mon temps de parole à vous demander si vous comprenez, si je dois réexpliquer… Est-ce que je rate quelque chose ? »

Comme d’habitude en fin de période, tout me pique, tout me gratte. Il est logique que les élèves ne disent pas qu’ils ne comprennent pas, tellement d’entre eux ont normalisé le fait de ne pas piger ce qui leur est présenté en cours.
Mais cette fois-ci, il se passe quelque chose de différent. Cette fois-ci, Yaelle prend la parole :

« Monsieur, on a dit que c’était compliqué. On n’a pas dit qu’on comprenait pas. »

Alors je me tais. Et ouais, je l’avoue. Je me sens un peu, stupidement, fier.

2 réflexions sur “Vendredi 17 octobre

  1. Bonjour,

    Je te suis depuis longtemps, et j’aime la plupart de tes posts, pleins de sensibilité et de goût. Je suis enseignante. En lettres, comme toi, dans le secondaire, comme toi, tzr, comme toi, et dans la même académie que toi. Mais je dois dire que cette tendance que tu as de tourner chaque événement, voire chaque défaite en classe à ton avantage, comme si tu voulais nous prouver que tu es un bon prof et même un prof extraordinaire, me déçoit. Sache que je te trouve infiniment plus touchant et plus intéressant quand tu avoues simplement que parfois, malgré toute la bonne volonté du monde, ce que tu tentes avec les élèves ne fonctionne pas. Et que tu es faillible. Ce sont ces textes là que j’aime et que j’aimerais lire plus souvent.

    Bref, un simple avis de lectrice et de collègue… sans aucune mauvaise intention, je te l’assure. Je te souhaite une très bonne continuation.

    Bonnes vacances !

    • Bonjour,

      Merci pour ton commentaire, qui n’est absolument pas mal pris, vraiment. C’est marrant, parce que je n’avais pas ça en tête en écrivant ce billet. J’avais davantage envie de montrer à quel point le regard des élèves peut nous porter. C’est eux qui sont extraordinaires.

      Merci mille fois pour ton regard.

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