Samedi 15 novembre

Session correction chez mes parents, chez qui je passe le weekend. Je vois les yeux ronds de ma mère, enseignante à la retraite, devant les copies de Shaïnez et d’Adrian. La première est meilleure que certaines copies de secondes, et dans l’autre, les lettres s’entrechoquent, chaotiques, sur les lignes. Elle n’a pas oublié, elle constate juste l’écart.

Un écart qui m’a longtemps fait peur, qui continue, parfois, à m’alarmer. Comment faire coexister les progrès, le parcours de ces deux élèves ?

« Donner à chacun sa place. »

Ce n’est pas vraiment un mantra. Juste un écho, un souvenir. Le souvenir de cette phrase, prononcée par Monsieur Vivi. Tout ce que nous avons fait, ensemble. Les comédies musicales écrites pour nos élèves, les parcours que nous avons tracés pour eux, les cours qui nous ont permis de ramener ces mômes, pour certains tellement en colère, à une forme de stabilité. Ou à tout le moins, faire en sorte qu’ils ne subissent plus leur scolarité.

Sans orgueil, sans vanité, je me le dis à chaque fois que je contemple ce gouffre. « Je sais faire. »

Pas toujours, souvent imparfaitement. Mais je sais.

Les années comme autant de piliers, autant de voix rassurantes.

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