Mercredi 7 janvier

« C’est bien. »

Olivier me regarde avec ce sourire un peu las et très énervant qu’il affiche la plupart du temps. Tous les travaux qu’il me rend son « bons ». Et nous avons très vite identifié le problème. Lui, ses parents et moi. Olivier est atteint du syndrome du « pourrait mieux faire ». Il comprend tout, rapidement et sans effort, et n’éprouve pas le besoin d’aller plus loin. Pourquoi le devrait-il ? Il coche les cases que l’on attend de lui, et n’a pas vraiment d’autre motivation quant à sa scolarité, autre que le fait qu’on lui foute la paix pour qu’il puisse jouer à la console.
« Arrêtez de me demander des exemples de ce que je lis, monsieur, je joue à Fortnite et c’est tout, hein. »

« C’est bien.
– Comme d’habitude quoi.
– Non, c’est très bizarre, c’est bien mais différemment. »

Il arrête de se balancer sur sa chaise.

« Comment ça ?
– C’est mieux rédigé que d’habitude. Il y a des réponses qui ne vont pas mais c’était… je ne sais pas, plus agréable à lire. »

Olivier passera plusieurs minutes à lire sa copie, lui qui d’habitude, la flanque en vrac dans son cartable. Et cette heure-ci – juste cette heure-ci, le lendemain, c’est déjà terminé – il va participer. Intensément.

C’était éphémère. Éphémère, mais à travailler.

Laisser un commentaire