
Après dix années passées à s’occuper de ses humains de toutes ses forces, Poulpir-le-lapin est partie. Il n’y a pas une partie de mon corps, intérieur, extérieur, qui ne me fait pas mal ce matin. J’ai six heures de cours, j’ai putain de six heures de cours, je ne sais pas comment je vais faire.
Je fais.
Je fais avec une aisance qui me déconcerte. Il n’y a plus la moindre trace de ce qui me laboure. Une infime partie de mon esprit observe, déconcertée, la personne qui enseigne, se déploie, rit avec ses élèves, quand ils mettent en scène le poème de Rimbaud.
Je ressors, et je souffre, physiquement, jusqu’au moment du coucher. Je ne comprends pas ces deux corps, ces deux esprits disparates, l’un capable à jamais de vaincre la douleur.
Le comédien sur scène, le prof en classe, laisse sa vie réelle en coulisse.