
En ce moment, avec des amis, nous sommes en pleine campagne de Donjons et Dragons. Un dimanche sur deux, nous arpentons des terres immenses, peuplées de dragons et de légendes anciennes. Ca me donne beaucoup de force.
De la force, j’en ai besoin ce matin en cinquième. Je suis censé terminer à 11h, mais les portes ouvertes du bahut vont me retenir jusqu’à 19h30. Autant dire que je fais la gueule. Et que je tente de me motiver pour ne pas répondre méchamment à mes élèves, à chaque fois qu’ils me demandent si on colle la feuille monsieur, ou ce qu’il faut faire du cahier.
Et puis arrive le moment des exemples.
C’est un truc que je tiens de mon père. A chaque fois que j’écris des phrases exemples, je choisis les pires débilités. Mais aujourd’hui, j’opte pour autre chose.
« Les élèves de cinquièmes explorent un pays lointain. Qui peut me dire où est le verbe ? »
Les gamins pouffent discrètement. Je continue.
« Elina est équipée d’un arc et Nathan fait de la magie. Combien y a-t-il de propositions ?
– Deux. Monsieur, vous me mettez dans la prochaine phrase ? »
Petit à petit, le cours se déploie. La campagne de Donjons et Dragons transposée dans cette petite salle de classe. Imane est une barbare et Nolan un guérisseur. Hector se fait mordre par un vampire. Les cinquièmes explorent les alentours de Port-Ponan et de la proposition coordonnée. Et ça nous fait du bien.
Comme quoi, parfois, un rien peut tout changer.