
Les portes ouvertes du collège se concluent sur un micro-concert de la chorale. Quelque part, je grince un peu des dents, ça m’agace toujours que l’on se sente obligé de vendre nos activités, dans ce genre de moments. J’ai de plus en plus la sensation que nous sommes, professeurs comme élèves, les VRP de nos établissements. Convaincre que ce bahut est vraiment bien, que oui, votre enfant y passera des années fabuleuses. Je grince des dents (littéralement. Hier soir, je me suis retrouvé à mâcher ma gouttière dentaire, rêvant que c’était un carambar.)
Et puis. Et puis on se retrouve dans le couloir du réfectoire, juste avant d’entrer. Parce que dans cette chorale, profs et élèves chantent de concert. On se regarde. Ça n’est rien du tout, évidemment, mais ça nous fait toujours un tout petit petit pincement au cœur, d’entrer en scène devant un public. Jeanne me regarde, de son air toujours un peu blasé et un peu tendre : « En vrai, là on est tous à égalité, non ? »
A-H nous fait signe d’entrer. Et alors que les premières notes de Nothing else matters résonnent, je me dis que ce petit moment excuse beaucoup les quatre heures passées au collège un vendredi soir. Mais chut, il ne faut pas le dire.