
Je ne sais jamais que faire quand ce sont les parents qui décompensent.
Avec les élèves, à force j’ai appris, sans trop de vanité, même quand c’est impressionnant. Les pleurs, les cris, les menaces parfois. La parole qui s’écroule. Parce que ça fait partie de mon boulot, et que ça arrive quand même assez souvent.
Mais les adultes. Ce grand corps qui, ce soir-là, sanglote devant moi, je me sens totalement perdu. Inutile. J’ai l’impression d’être Sheldon, dans The Big Bang Theory, qui tapote l’épaule de son interlocuteur en balbutiant « There there. » Je lui en veux presque, à cette personne, même si je me reproche presque immédiatement cette pensée. Je ne suis pas là pour ça, je ne suis pas psy ni travailleur social.
Mais c’est pas la question en fait.
La question c’est que pour le moment, ce qui arrive à cette personne, ce que je lui dis de son enfant ne lui est pas supportable. Et me revient en tête une phrase récente de M., à laquelle je pense souvent, en ce moment : « Tu sais quand on te parle, tu cherches toujours des solutions, alors qu’il suffit parfois juste d’écouter. »
Alors j’écoute. Il est vendredi, 18h30, et j’écoute cette tranche de vie pleine d’éclats pointus. Car que faire d’autre ?