
Je passe la journée à répéter une pièce de théâtre avec ces gens qui, en deux ans, en sont venus à compter pour moi plus que je ne saurai le dire. Au début de l’après-midi, nous répétons un texte extrait des oeuvres d’Hervé Guibert. Celui-ci explique le côté nécessaire de fixer dans son journal des événements, même terribles, même atroces, notamment la déchéance de son ami Muzil. A., l’une des deux metteuses en scène, me cloue de son regard bleu acier.
« Ça doit te parler, je suppose. »
J’aimerais tellement être capable de le transmettre aux élèves. Cet instant où tu comprends la nécessité vitale de la lecture, de l’écriture. Et plus encore, cet instant où tu n’es pas le seul à le ressentir.