
Il reste quinze minutes de cours et les réserves de concentration et de patience sont épuisées, tant du côté des élèves que du prof. J’improvise un Time’s Up sur les notions vues dans l’année. Ma tension atteint de dangereux sommets quand je vois ce que les mômes ont retenu.
« C’est… euh… La meuf, là. » (Chimène.)
Enfin, la sonnerie nous libère, ce sont des vacances attendues depuis longtemps. Tout le monde se précipite dehors, sauf, Ignacio.
« Nooooon, attendez ! »
Il crie, très fort, ça fige le prof, six élèves, D., l’AESH, et quelques autres mômes dans le couloir.
« J’ai tout préparé, regardez ! »
Et pendant près de dix minutes, il nous mime toutes les réponses, qu’il avait préparé depuis la première manche. Pendant dix minutes, il danse dans la salle A25, à brûler une énergie que personne n’a plus, à réchauffer, en cette pluie qui n’en finit pas, une poignée de gens. Comme ça. Juste pour rayonner.