
Lundi, l’éternel jeu des mutations recommence. Demander sans grand espoir d’être exaucé, à exercer dans un établissement précis, ou dans une ville, ou même demander à se fixer. Ou que soit l’endroit.
Même si mon ancienneté dans l’académie m’assure un échec, j’avoue être inquiet. Inquiet car, moins que chaque année, je sais ce que je veux. Rester dans ce bahut, plein de gens que j’adore, mais sur un statut précaire, susceptible de changer à chaque instant ? Demander à exercer au lycée, où je m’étais senti si heureux, il y a deux ans ? M’enfuir en courant ?
C’est amusant. Mon premier réflexe est de reprendre ce journal, de le relire pour savoir si mes souvenirs sont exacts. Faire le bilan de ces expériences et s’orienter dans le tumulte de cette carrière et de mes pensées. À nouveau, je dois prendre une décision.
Je souris, un peu. Ça n’est pas donné à tout le monde.