
Un tapotement discret à la fenêtre de ma voiture, alors que je suis en train de quitter le collège. C’est Olivier.
« Monsieur, je suis désolé…
– Tout va bien ?
– Vous avez pas vu mon téléphone, dans votre salle ?
– Non, je ne pense pas.
– Oh non, oh non. »
Cet élève de quatrième qui a souvent affaire avec la vie scolaire a les yeux brillants. Qu’il s’essuie très vite, ses potes rôdent, curieux, devant l’un des leurs qui ose venir trouver le prof jusque dans l’habitacle de sa bagnole.
Et ça me frappe.
Ça me frappe parce que je le remarque souvent. En-dehors du bahut, dans l’espace de la rue ou près de leurs parents, nos élèves redeviennent enfants. Je ne sais pas trop comment l’expliquer, c’est dans les traits du visage. Quelque chose à voir avec les angles. Plus doux, moins marqués. Dans cette rue, à quelques mètres du bahut je vois cette facette qu’il dépose chaque matin.
Pourvu qu’on retrouve son téléphone.