Vendredi 27 mars

Nous regardons l’adaptation en film d’animation de Parvana, une enfance en Afghanistan, dont les quatrièmes viennent d’achever la lecture. Et alors qu’il reste une dizaine de minutes, une pensée me traverse l’esprit, une pensée si forte que je manque de la prononcer spontanément.

« Qu’est-ce que vous êtes intelligents. »

Habituellement, dans un film un peu métaphorique, dans une adaptation de film, les commentaires vont bon train « Mais ça se passe pas comme ça dans le livre. » « Houlà, c’est bizarre. » « Mais c’est qui, elle. » Même et surtout dans les classes chouettes. Ce n’est pas le cas aujourd’hui.

Aujourd’hui ils sont émus.

Chacune, chacun sur sa palette. Il y a celui qui éclate de rire quand le film bascule dans le conte métaphorique et grotesque. Celle qui éclate en sanglots, et devant qui, malgré mes craintes, tout le monde hoche la tête. « Ben ouais, moi aussi j’ai envie de pleurer. » Celui qui se cache les yeux lorsque certaines séquences tombent dans la violence, aussi édulcorée soit-elle. Pendant 1h, chacun se comporte en spectateur.

« Et vous monsieur, vous avez pensé quoi, du film ? »

On discute, à la sonnerie. Beaucoup sont restés dans la salle, en ce début de récréation. Ils me regardent, ces futurs troisièmes. Pas excellents en classe. Mais pour qui j’ai de moins en moins peur, à chaque cours.

« Je pense qu’il m’a fallu des années pour oser pleurer devant un film. »

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