Lundi 31 août

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Pré-rentrée (nom commun féminin) : grand foutoir durant lequel une bande de créatures surexcitées tente de regagner un brin de dignité.

Toujours le même rituel, quel que soit le bahut : café, viennoiseries industrielles, on se raconte les vacances diverses et variées. Il y aura toujours l’aventurière, partie taquiner les cimes de l’Himalaya, le féru de travaux, qui a chouchouté sa cuisine deux mois durant, celui qui s’est fait cocooné par ses parents et la prof d’anglais partie en Angleterre pour parfaire sa maîtrise du pluperfect. (Et celui qui a grindé son personnage de MMORPG du level 1 à 50 mais lui tait pudiquement ce détail). 

Après le petit-déj, la tout aussi inéluctable grand-messe. Celle chargée de nous faire comprendre – au cas où nous n’aurions pas compris – que nous bossons pour les élèves. Que le moindre de nos efforts, la moindre de nos compétences, doit être dirigée dans cette direction : les faire réussir. Et que c’est partie dans une litanie de sigles, REP +, COP, MDPH, C2A2E. Je me demande à quel moment dans la litanie on va finir par invoquer le grand Cthulhu.

“C’est rigolo” conclut Cheffe, à bout de souffle. “on en oublie presque les élèves avec tout ça.”

Sinon Cheffe Adjointe est dotée d’un super-pouvoir ; elle est le ninja des répliques graveleuses. Elle parvient TOUJOURS à se matérialiser au moment où nous sortons les pires trucs possibles. Genre l’année dernière où elle était entrée alors qu’une salle des profs déchaînée braillait “Zigounet Pipi” à tue-tête. Ou ce matin, 8h30, où je penche la tête du même côté qu’une collègue pour lui faire la bise. “Allez, on se roule une pelle… Bonjour Mme Cheffe-Adjointe.”

Six heures et des bananes plus tard on est à peu près prêt. La répèt est finie, il est temps d’accueillir le public. 

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