
Deuxième jour de formation, accueilli par M. “Dis donc, t’étais peu inspiré hier soir !” Il me faut un moment pour comprendre qu’elle parle de ce journal. Drôle de sensation.
Exercice de “mise en situation” dans lequel on nous demande de reproduire un dessin. Le prof est un élève comme les autres, tout le groupe s’y met avec sérieux. Le silence est trop tentant, je lève la tête pour regarder mes collègues. F. qui fait ça en rigolant (je le connais depuis trois jours, j’ai l’impression qu’il passe 22 heures par jour à sourire), M. les lèvres serrées, V. – dont je serais tombé désespérément amoureux à 20 ans – aérien même dans la concentration.
Mon lézard a les patounes trop grandes et s’est pris la queue dans une porte.
Souci majeur avec les formations : cette impression qu’on vous file un tournevis en vous hurlant : “Ce tournevis peut vous servir à tout ! À tout ! A visser à planter des clous , à scier une branche ! Servez-vous en, SERVEZ-VOUS EN MAINTENANT !” Du coup j’ai tendance à pousser un cri affolé en le jetant le plus loin possible. Cette fois-ci, je me promets – comme toujours – de m’en servir sur la prochaine vis que je rencontrerai.
Salle de sport : j’ai le corps en pleine crise d’euphorie. Les kilomètres défilent sur le rameur, les muscles restreints 48 heures durant jubilent.
48 heures.
Cette année, tous les élèves de Troisièmes finissent à 18 heures, le lundi, mardi et jeudi. Et commencent à 8 heures la plupart du temps.
48 heures.