Et le dimanche on s’évade.

L’axiome qui veut qu’il suffise d’étudier une oeuvre pour en être dégoûtée ne s’applique pas à l’Antigone de Bauchau me concernant. Même après qu’elle soit devenue mon sujet de master.
Cette Antigone est la même, est une autre que celle qui se balade dans la mythologie. Henry Bauchau en a fait un personnage de roman, au sens propre du terme : un personnage qui erre, et qui cherche à exister, dans les quelques pages qui n’ont jamais été racontées par les grands tragédiens.
Retraçant le parcours d’Antigone depuis son retour de Colonne jusqu’à sa mort, ces quelques centaines de pages parviennent l’exploit de montrer la transformation de la fille “qui n’est pas faite pour les grandes pensées” en créature mythologique.
Cette Antigone est déterminée et totalement incertaine, artiste et guérisseuse, perdue. Elle vit en Grèce Antique ; on pourrait la croiser à notre porte.
Si ce roman m’a frappé à ce point, c’est qu’il est l’un des moins bavards que j’ai jamais lu. C’est l’histoire d’Antigone, de sa légende. Immense et anodine.