
Moi qui pensais tenir jusqu’à Noël…
Aujourd’hui, j’ai commencé les deux heures les plus chouettes de mon cours de latin. Que, oui, je ferai à tous les niveaux.
Aujourd’hui, je prépare mon cours à partir de l’épisode de Doctor Who : Fires of Pompei.
Et du boulot il y en aura : regarder l’épisode, bien sûr, et après avoir un peu parlé science-fiction, explorer ces 50 minutes dans tous les sens : où sont les anachronismes, où sont les références correctes ? De combien de kilomètres le Docteur qui voulait visiter Rome s’est-il planté ? Quand Donna dit Veni, vidi, vici, à qui fait-elle référence ? À quel temps parle-t-elle ? On le révise vite fait ? Un secte de sorcières, ce n’est pas bien sérieux, mais la magie, il n’y en avait pas un peu dans l’Empire romain ? Juste à côté des carrières de pierre exploitées un peu partout, bien sûr… D’ailleurs, si on tentait un plan de Pompéi, histoire de retracer le trajet de nos deux héros ? Doit bien y avoir des auteurs de l’époque qui parlent de leur ville non ? Il y aura de la grammaire, des exposés, de la civilisation, et bien sûr, pas mal de rires. J’espère.
C’est mon cours friandise de l’année, et donc l’un de ceux pour lequel je serai le plus exigeant. Mon obsession pour la série britannique, les chiards, le Docteur et Donna le méritent. Si les journées comptaient 72 heures, j’aimerais avoir le temps de tous les préparer ainsi.
Analyses chez le toubib, qui agite sa seringue comme une majorette son bâton :
“Ça fait combien de temps que vous n’avez pas mis vos vaccins à jours ? Vous vous rappelez pas hein ? La médecine du travail des enseignants, c’est n’importe quoi ! Vous savez que la visite médicale est obligatoire tous les deux ans ?”
Visite médicale.
De brumeux souvenirs me ramènent à mon année de stagiaire durant laquelle j’ai expliqué à un médecin au bord de la neurasthénie que je devenais prof. Six secondes plus tard, je ressortais, armé d’un papelard me déclarant bon au service.
“Quand on pense qu’en plus, vous bossez avec des enfants…”
Goûter avec M. On parle de ses écrits, des miens. Des gens qui nous lisent. La veille, une lectrice m’a cité comme influence pour un très bel article qu’elle a écrit. Étrange sentiment. Même sensation que depuis ce début d’année, avec l’arrivée des nouveaux collègues. Cette furieuse volonté de mieux les connaître. De leur montrer qu’à Ylisse aussi le taf peut être génialissime. À tel point qu’on se repassera Fires of Pompei à s’en user la rétine pour faire naître de l’enthousiasme dans celle des élèves.
La veille, pas eu le temps d’en parler, ciné avec C. On fait le bilan d’un an et demi d’amitié. Je lui avoue à quel point son dynamisme m’a poussé à me bouger, à davantage sortir, écrire. Sourire de son côté. “Je l’ai fait parce que tu me poussais aussi à me bouger.” Quelques secondes durant tout est à sa place, tout fait sens. Quelques secondes de vraies vacances.