
Une de ces journées où j’ai l’impression que si je me réincarnais en personnage de jeu vidéo, je serais Ryotaro Dojima. Le père substitutif de tout un tas d’ados improbables.
Convaincre la 3ème Orphée que non, l’opération “relooking” menée par la maison de la jeunesse du coin n’est pas une perte de temps (je mens bien). La preuve, aujourd’hui, j’ai fait un effort sur mon look. En casual chic, j’observe deux dames convaincre les mômes d’enfiler des vestes, des chemises, des foulards. Fierté des garçons à se retrouver sapés, rires des filles à s’imaginer fringuées comme ça tous les jours.
Rassurer E. qui a sauté en l’air pendant le cours de latin. Ce n’était qu’un camion dehors, ce bruit d’impact. Retourne à ta place. Tout va bien. On est ensemble. On est bien. Amo. C’est je t’aime.
Faire le bilan du premier trimestre, encore avec les 3ème Orphée. Non, les profs ne vous détestent pas, même qu’ils m’ont dit qu’ils adoraient vous faire cours, qu’ils s’en font pour vous (je dis mal la vérité). Vous avez 13/20 de moyenne de classe, je suis fier de vous, bien sûr que je suis fier et que j’ai confiance. Bien sûr que vous allez réussir votre année.
Parler près de 20 minutes avec la maman d’A. A. s’est pris un ballon dans l’oeil à la récré. Hémorragie interne de l’oeil. A. est hospitalisé à Paris mais sa maman a trop peur pour prendre les transports en commun et plus assez d’argent pour le taxi. Du coup A. est tout seul à l’hosto. En rentrant, je récupère mon vieil Ipod, le rose. Parce qu’A. ne peut pas lire. Je me demande ce qui, dans ma playlist et mes livres audio, pourrait lui plaire. Et ce que je vais lui dire demain, dans la chambre d’hosto.
Ryotaro Dojima, sa dégaine casual chic. Ça me déplairait pas, au final.