Samedi 4 juin

Mine de rien, je viens de terminer ma dernière “vraie” semaine de cours de l’année. N’ayant que des troisième cette année, l’impact est d’autant plus fort : restent quelques heures consacrées à boucler ce que je pense être nécessaire aux mômes pour entamer leur année prochaine correctement, et vendredi, arrivera l’épreuve orale d’Histoire des Arts. La semaine suivante, bouleversement total des emplois du temps : les élèves seront plongés dans des révisions.

L’année se délite doucement.

S’il en faut une preuve, c’est cette visite de deux élèves, à la faveur des inondations qui ont envahi la région parisienne. Leur lycée a fermé, et ils en ont profité pour remonter le cours de leur scolarité en venant nous rendre visite. Émerveillement toujours renouvelé de discuter avec ces adolescents plus grands, plus déliés, mieux dans leur peau. Ce miracle-là aura-t-il lieu avec mes classes de cette année ? Avec B. qui, lorsque j’attends le silence, m’enjoint de continuer à leur faire cours, “parce que c’est votre métier” ? Avec les Demoiselles de Rochefort, de plus en plus transparentes dans leurs études ? Avec H., pour qui je croise les doigts à m’en faire mal pour qu’il réussisse l’année prochaine ?

Comme à chaque fois, je supplie muettement, à qui je l’ignore, que l’on me laisse un peu de temps. Pour mieux les préparer, pour ajuster deux trois curseurs à leurs parcours, pour échanger encore un peu. Mais ça ne marche pas comme ça, et tant mieux. Le temps de la nostalgie n’est pas encore là. Il reste trois semaines pour donner un maximum.

En avant.

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