
Le collège est un peu plus vide, mais les aventures ne s’arrêtent jamais. Pour paraphraser l’immortelle saga toute en hémoglobine, l’hiver arrive, et ça se sent. Les premiers “Monsieeeeur j’ai mal à la tête / au ventre / j’ai vomi.” débarquent. Mon hypocondrie aidant, je suis absolument sûr que je ne passerai pas l’hiver sans l’une de ces désopilantes maladies de la promiscuité, angine, gastro ou sinusite. Mais pas le temps de chouiner, aujourd’hui, j’ai les 6e Glee trois heures.
TROIS.
HEURES.
Trois heures à répéter que NON on ne colle pas la feuille tout de suite, trois heures à dire que OUI il faut commencer l’exercice.
Trois heures à se dire que quelque chose ne tourne pas rond. Parce que le moment où le cours se passe le mieux, est quand nous bossons sur “Les Mystères d’Harris Burdick” (si tu es prof de français ou juste curieux, tape donc ce titre dans une recherche internet et remercie-moi après). Il y a trente-six trucs à faire en même temps et, forcément, je délègue. Les mômes se révèlent d’une compétence parfaite.
Théorème possible : “La capacité d’initiative d’un 6ème Glee est proportionnelle aux responsabilités qu’on lui donne.” En gros l’exact inverse de mes 3èmes.
Pause de midi avec les collègues qui restent. On discute un peu de trucs simples, et parfois un peu plus pénibles avec C., B., V., M. et les autres. Beaucoup de rires et de bonheur. Cultiver ces rapports humains là. Précieux.
J’apprends que les 3èmes-pas-en-Espagne (c’est le nom qui leur a officiellement été donnés par la direction dans les emplois du temps), où se trouvent dont les élèves qui, pour diverses raisons, n’ont pas pu partir, foutent la misère aux profs qui sont chargés de les faire bosser pendant une semaine. De quoi me faire attendre jeudi prochain avec un bonheur mêlé de joie et de napalm.