Dimanche 16 octobre

Et le dimanche on s’évade.

Même après quinze ans, je ne rougirai jamais d’avoir, le feu aux joues, suivi Cowboy Bebop, et, pendant 26 épisodes, d’avoir vibré devant les aventures des losers magnifiques qui tiennent lieu de héros.

Cowboy Bebop, c’est ce que l’animation japonaise peut faire de mieux. Dans sa narration, volontairement parcellaire. Un futur relativement proche. Des vaisseaux spatiaux mal foutus, la lune éclatée, on ne sait pas pourquoi, une Terre, toujours un peu la même.

Et le Bebop, donc. Une sorte de ruine spatiale où échouent tour à tour Jet, un ex-flic, Spike, un tueur en cavale, Faye, poursuivie par ses dettes, Ein, le chien le plus intelligent du monde et Ed, gamine dérangée et surdouée. Tous laissent derrière eux un passé pas bien glorieux qui continue à leur courir après. Mais ce à quoi même Sophocle n’avait pas pensé avec son Œdipe, c’est que fuir coûte cher. Il y a le vaisseau à entretenir, le frigo à remplir, les conneries à réparer. Alors pour ça, Spike et les autres vivent à la petite semaine, acceptent des boulots de chasseur de prime dont personne d’autre ne veut. Et, bribe après bribe, se construisent un quotidien. Un foyer.

C’est ça, Cowboy Bebop. Au-delà des poursuites en vaisseau, de la somptueuse bande-son jazzy, et des scènes de violence grandiloquente, il y a quatre personnes et un chien qui, pour un moment, qui, dans un cocon fragile, si fragile, essayent de trouver leur place, en attendant que leurs épées de Damoclès respectives leurs tombent sur la gueule. Mais sans jamais s’en inquiéter. Sans doute l’anime le plus tendre que j’ai vu de ma vie. Et indéniablement le plus juste.

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