
Tentative désespérée, comme à chaque rentrée, de retrouver le costume d’enseignant. Je prépare des cours, pour me donner bonne conscience, et oublier l’évidence : je ne serai prof à nouveau que lorsque j’aurais accueilli les premiers élèves.
Il y a pas mal de violence dans les retours de vacances. J’ignore si des collègues réussissent à retrouver leur boulot avec sérénité. De mon côté, des voyants rouges s’allument dans mon cerveau, chacun portant le nom d’une action à accomplir dans les 6 secondes. “Dis-leur bonjours à tous.” “Pense à dire à M. de jeter son chewing-gum.” “N’oublie pas que S. te dois un travail de vacances.” “Dis à R. de s’asseoir à sa place habituelle et pas près de son pote.”
Dans ces moments là, je me demande à quoi je ressemble et à combien d’images / seconde je bouge. C’est dur à anticiper. Comme toutes les veilles de rentrée je me dirai que c’est impossible, que je n’en suis pas capable, qu’on me laisse faire ce métier sur un malentendu gargantuesque.
Et puis on se mettra à apprendre ensemble, et ce sera terminé.