
Ça craque à Ylisse.
E. continue à se montrer infect avec ses profs, à tel point qu’il passe quasi immédiatement dan le bureau de Cheffe Adjointe au début de son cours d’anglais.
L., alors qu’elle traversait un couloir, s’est fait donner deux claques sur la tête par un élève.
V. qui propose des cours de malade à ses élèves a face à lui quelques mômes hargneux qui veulent des séances “comme d’habitude”.
Monsieur Vivi continue à se prendre la tête avec J. qui le regarde comme s’il se parfumait au lisier.
Et la liste est longue.
Découragement, parfois. Impression que la direction, submergée, fait ce qu’elle peut, mais lentement, tellement lentement, empêtrée dans ses propres obligations.
Impression que la vie scolaire n’en peut tout simplement plus, à tourner en surcapacité permanente.
Impression que les élèves sont définitivement chez eux. L., qui s’est pris les claques, m’a dit avec un petit rire : “En même temps, fallait pas que j’aille traîner vers ces salles-là, non plus…” Je vois rouge en me rendant compte que oui, en ce moment, nous sommes chez les mômes, qui daignent nous accepter.
Paradoxalement, ma vie de prof ne se passe pas trop mal. Les 6èmes Glee, après une période mini-boulets que je suis en train d’exorciser à coup de gros yeux et de punitions afférentes, redeviennent la classe heureuse de travailler dans un but commun… pour l’instant du moins. Et D., qui avait intégré la classe de 6ème Glee un peu fermée laisse peu à peu tomber le masque.
B. me permet de bosser dans une paix relative avec les 3èmes Dalek quand nous faisons cours ensemble. De la même façon, la 3ème A(pocalypse) continue sa métamorphose en classe “normale”, sous la houlette de T. tandis que je lui file un coup de main pour gérer les situations vraiment problématiques.
Raison de plus pour essayer de filer un coup de main ailleurs. Pour que les adultes et les quatre vingt dix pour cent de mômes qui fréquentes Ylisse puissent retrouver un peu de calme.