Et le Dimanche on s’évade.

La la land.
Avant toute autre chose, c’est un film courageux.
Parce qu’il refuse la nostalgie : non, les cinquante dernières années n’ont pas été une parenthèse aberrante, non, La la land ne nous replongera pas dans une époque mythique où tout était plus simple, ni ne nous montrera qu’il suffit d’un rien pour ressusciter cet Âge d’Or qui jamais n’a eu lieu.
La la land invite à croire : histoire banale d’amour, avec ses rebondissements, à notre époque entre une comédienne et un musicien. Alors évidemment, dans pareil contexte, les chansons sont de rigueur. Et c’est à la fois exactement comme et totalement différent des pas de Gene Kelly et Ginger Rogers. La première scène héroïque a lieu sur l’autoroute, le clinquant apparaît désormais dans les effets numériques. Mais pourtant subsiste, intemporelle, cette impression d’envol.
Quand, de par la volonté des personnages, la musique s’empare du sens et la danse des mouvements, quand le réalisme le plus précis – la scène de la dispute à table – est transpercé par un voyage à Paris chanté.
La la land n’est pas un hommage, ce serait presque insultant, je pense, de le qualifier ainsi. Au contraire, il est un rappel, un rappel que le monde n’est jamais assez cynique, assez gris, assez vain pour qu’on abandonne l’une de nos tâches les plus importantes : le détourner, par notre pouvoir de fiction. Sans honte et sans rictus.
Juste par la musique.