Vendredi 21 avril

Cours avec les 3èmes A(pocalypse), et confirmation du fait que trop chercher la cohérence ne sert pas à grand-chose : cette classe bordélique en diable, dans laquelle il faut se montrer hyper désagréable pour entamer le cours dans de bonnes conditions se fait brusquement silencieuse, respectueuse. Tandis que, sûrs d’eux ou terrorisés, d’une voix fluide ou cassée, des mômes se succèdent pour réciter une tirade de Créon. Pas un ricanement quand l’hésitation pointe, et des applaudissements sincères. 

Le jeu est de qualité, et les élèves sourient en retournant à leur place. Je sais que le même exercice, lundi avec les Daleks, se passera beaucoup moins bien. Pourquoi ? Comment ? Peut-être en est-on à cette période de l’année où il ne faut plus trop chercher à comprendre et théoriser, mais juste faire. Les élèves ont déjà presque tous choisi leur rôle et leur positionnement. Nous ne pouvons qu’être profs désormais, pendant cette poignée de semaines à venir, pour reprendre l’expression de  V.

Je rentre chez moi attristé par un truc idiot. Comme souvent dans ce cas, mes pensées sont confuses et mes membres lourds. J’envisage de ne pas écrire. À peine une seconde. Dérouler en mot le collège Ylisse est devenu une sorte de devoir, de cérémonie bizarre dont je cherche moi-même le sens. Un reflet du boulot en somme.

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