Mercredi 15 novembre

Amelia vient d’un pays dont j’ignore le nom. Amelia est arrivée en France cette année. Amelia ne parle pas français et a intégré la classe de cinquième Arkham. Elle suit donc mes cours.

Voir Amelia en cours est beau.

Le mot n’est pas galvaudé.

Amelia veut comprendre. Parce que sa vie en dépend. Sa vie sociale, sa vie d’élève, et tout un tas d’autres vies que je ne connais pas. Alors elle prend le français à bras le corps. Examine les phrases, et tente d’en trouver la cohérence. Commence à comprendre où sont les mots essentiels, demande des synonymes. 

Amelia a la chance d’être suivie par une collègue spécialisée dans les élèves étrangers. Elle reçoit donc toute la confiance dont elle a besoin. 

Je regarde nombre d’autres élèves et me demande : pourquoi ce réservoir d’enthousiasme et d’envie est-il si dur à sonder ? Pourquoi ce lac de curiosité est-il déjà asséché ? 
Peut-être leur nécessité à eux leur paraît-elle moins immédiate. Dans la pyramide des besoins, parler français est la base d’Amelia. Quelle est-elle, celle des mômes ? Je me refuse à croire que 99% des élèves d’Ylisse sont superficiels et crétins. 

Mais peut-être eux non plus n’ont-ils pas vision de leur nécessité. Est-ce à nous, les enseignants, de les aider à la trouver ?

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