
La ville d’Ylisse, où j’enseigne, est l’une des plus endettée de France. Près des deux tiers des mômes y sont boursiers.
Pourtant, quand je confisque un téléphone (du fait que je suis rien qu’un pisse-froid qui apprécie moyen qu’une sonnerie de portable se mette à déverser du Jul sur Albert Camus), il s’agit les trois quart du temps d’un appareil de marque. “J’achèterais jamais ça”, me glisse B., avec qui je fais cours à l’oreille “c’est le prix d’une machine à laver !” Évidemment, suit une image mentale de tous les gamins traînant un lave-linge dans leur poche.
L’autre jour, Arès a fièrement exhibé sa Switch à la sortie du cours. Quand bien même, les couloirs sont devenus un territoire de bousculades et de vols quotidiens.
Venir au bahut avec des objets précieux est un danger quotidien pour les mômes. Mais aussi un signe de position sociale, et un défi. Être capable de conserver ces précieuses reliques, et de les défendre.
Les signes extérieurs de richesse sont à Ylisse de véritables trophées. Et un facteur aggravant de la violence. Un de plus…