
C’est parti pour la dernière semaine avant les vacances de Noël ! La semaine qui sent bon le feu de cheminée, la mandarine et les chaussettes de l’inquiétant barbu qui insiste pour nous offrir des cadeaux dont la valeur sera sans doute décomptée de notre retraite, faut pas déconner non plus.
Ça sent aussi la démotivation totale chez les cinquièmes Glee qui papotent gentiment pendant l’heure d’aide aux devoirs.
“Monsieur, vous savez, je suis pas très heureuse que ce soit Noël, me confie Solange, tandis que Delphine, sa sœur jumelle, opine gentiment.
– Ah vraiment, pourquoi ?
– Ben mon papa part chez lui, en Haïti, et ma maman dans de la famille, mais sans nous.
– Je… Ah… Ah bon ? Mais vous restez… toutes seules ?
– Bien sûr que non, monsieur, on est avec notre grande soeur ! (qui est en Terminale, ndlr) Et peut-être que notre frère viendra nous voir, même si on le voit plus trop, depuis qu’il s’occupe plus que de religion…”
Finalement, je me dis que mes soucis de cadeaux qui n’arrivent pas emballés exactement comme je le souhaite peuvent, à la rigueur, être relativisés.
Pas plus de motivation chez les troisième Max, avec qui nous bachotons joyeusement pour le brevet blanc, et dont je force la moitié à remettre leur cahier à jour (la proportions de gamins n’étant pas complètement aux fraises quand au programme doit s’élever aux alentours de 11% et j’hyperventile.)
À l’exception de deux groupes de trois garçons, la classe bosse, mais dans un zouf absolument incroyable, à tel point que je me demande si je n’ai pas développé une super audition. Ou alors j’enseigne à une classe de malentendants.
“C’était trop bien de bosser comme ça, monsieur, par petit groupe, dans le calme et tout !” me lance Eilie à la sonnerie.
Elle a copié un quart de page dans son cahier.
Groggy, je gagne la salle des profs. Leia discute avec Monsieur Vivi. De la fatigue, principalement, qui nous ronge tous.
“Le souci, rigole jaune Monsieur Vivi, c’est qu’à Ylisse, on considère que nous avons tous 23 ans, plein d’énergie et pas d’obligations familiales, puisque c’est le cas de la majorité d’entre nous… Du coup on nous impose un rythme qui créerait la révolte ailleurs.”
Tous ceux que j’aime dans ce bahut portent en ce moment des sacs plus lourds encore que d’habitude et n’aspirent qu’à les poser.
Vivement.