
Correction de copies. Devoir commun de quatrièmes. Les devoirs communs, c’est un peu les petites tapes que le système éducatif s’amuse à te mettre derrière le crâne : d’un côté, on demande de plus en plus aux enseignants – particulièrement en REP + – d’individualiser leurs pratiques, de prendre en compte les spécificités de leurs élèves, et de l’autre, des évaluations menées sur l’ensemble des classes te rappellent régulièrement que tu exerces dans un système qui exige, en fin de compte, que tout le monde ait dans la tête des connaissances de la même forme et de la même couleur.
Ce paradoxe me déprime : on demande d’enseigner aux mômes rien moins qu’une forme d’hypocrisie. Certes, cultivez ce qui vous rend merveilleux, beaux, uniques, mais bon, n’oubliez quand même pas qu’en fin de compte, ce sont des examens hyper normés qui vous sélectionnerons.
Et c’est, à mon sens, ce qui forme la plus grand part de l’inéquité de notre système éducatif : des familles socio-culturellement aisées transmettront aisément ce paradoxe à leurs enfants. Les autres… Ce sera plus compliqué.
Et j’enchaîne les copies, tristes et mal foutues… en me demandant comment expliquer aux élèves qu’on doit nous faire confiance, mais pas trop.