Samedi 3 novembre
Retour du sanctuaire d’Asakusa. Au-dessus de nous, l’habituel fouilli de fils électriques. Je me dis que demain soir, ils seront tous bien à leur place, bien parallèles.
“Tu sais, c’est quand j’ai vu ces fils que je me suis senti vraiment au Japon, me souffle G. en écho à mes pensées.”
Crainte. La phrase de Maupassant dans “La Parure” me trotte dans la tête. “C’était fini pour elle.” Après son moment d’ivresse, il n’y aura plus que la déchéance.
Mais non. Non parce qu’on ne revient pas d’un bal. On revient du pays des tours folles, de la campagne immense, des sources chaudes, des temples, des tanukis malicieux, des sorcières ailées, du pays qu’on a imaginé dix-huit ans.
Je me vêts de tous ces atours et m’apprête à replonger dans la vie que nous avons eu le privilège de mettre à distance quelques jours. Il y aura des étincelles, il y aura des incandescences.
Et tandis que ce voyage tiré à sa fin, j’invoque toute la folie du Japon. Qu’elle se lie à nos peaux, à nos paroles.
