
Fin janvier, début février, période de saleté.
Non pas que je cesse soudainement de me laver l’hiver, hein. Bien au contraire, s’il y a un truc que l’enseignement m’a appris, c’est d’avoir en toutes circonstances une hygiène corporelle aux limites de la stérilisation complète, les gamins étant loin d’être tendres sur le sujet (quand il concerne les adultes. Beaucoup moins leurs potes).
Non. C’est un autre type de saleté. Cette grisaille lasse qui vous colle à la cervelle quand tu arrives, claqué, après une journée pas vraiment productive, de cours pas si bien préparés que ça. Cette grisaille qui va t’arrimer au canapé, à relire six fois la même ligne où faire défiler des pages de réseaux sociaux.
Cette saleté qui t’amène, depuis quelques jours, à systématiquement contrer un souci en haussant la voix. Parce que, comme du plâtre dans le cerveau, les idées qui te viennent habituellement pour retrouver l’intérêt d’une classe tangente.
Cette crasse qui te fait ressortir à petits pas du boulot, un peu sonné, à te dire que, finalement, tu as si peu avancé, depuis que tu es entré à Ylisse.
Alors, juste pour essayer de donner du sens, juste parce que la crasse, le noir, ça disparaît parfois, face à l’absurde, tu montes voir N., la prof principale des quatrièmes Glee, tes cinquièmes Glee de l’année dernière.
“Il paraît qu’Arès est passé commission éducative l’autre jour.
…
Tu penses que je pourrais être son tuteur ?”