Mercredi 27 février

Soirée avec T. Ça faisait longtemps. Comme souvent, se pose la question de dans quelques années. Où serons-nous, et quelle profession exercerons-nous.

Je n’ai cessé de dire – et d’écrire ici – que je souhaitais laisser tomber le métier d’enseignants après dix ans. Mes premières hésitations, je les ai prises pour la fainéantise habituelle qui me prend quand une tâche est un peu ardue.

Mais après avoir parlé, cherché, m’être renseigné, je me demande si, pour la première fois de ma vie, je n’ai pas envie de construire sur des débris.

Je m’explique.

Je ne compte plus le nombre de textes que j’ai repris à zéro, de jeux vidéo dont j’ai effacé le fichier de sauvegarde, de scénarios de jeux de rôle que j’ai déchiré pour ressentir cet immense rush : celui de recommencer à zéro. De laisser derrière moi ce brouillon, dégueulasse, raturé, ces ruines sur lesquelles je construis, pour me dire “cette fois-ci, ce nouveau roman, cette nouvelle partie seront parfaits. Pas d’erreur, j’ai tout en tête.”

Et je ne connais rien de plus raturé, de plus en loques que l’Éducation Nationale.

Et je ne sais pas encore quelle sera ma décision finale : mais aujourd’hui, mercredi 27 février, je ressens l’envie de prendre les pierres écorchées dans les bras, et de continuer à bâtir.

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