Mardi 4 juin

Journée des plus légères au bahut, en cet Aïd 2019. Six élèves en quatrième Alakhazam (on fait de l’oral), six en quatrième Bulbizarre (on écrit une super grande rédaction avec fins multiples et illustrations) et… vingt-trois élèves en troisième Glee.

Ce que j’aime dans les fins d’années, c’est que l’on fait des rencontres que l’on avait pas eu le temps d’accomplir le reste de l’année.

Prenez Luke par exemple : un petit bonhomme placide, bon élève, pas particulièrement actif mais pas assez effacé pour qu’on s’en inquiète. Il a passé l’année à passer sous les radars. Et ce matin, devant juste cinq camarades, il donne de la voix, interprétant devant ses potes bouche bée le texte sur lequel je lui ai demandé de travailler. “Il y a des talents, dans cette classe… Mais ils sont cachés par les autres.” commente Alys avec un sourire ironique.

Ou encore P., l’agent d’entretien, dont je sais qu’il adore l’heroic fantasy. Ce matin, on chantonnera en cœur la publicité Durandil tandis qu’il fait le ménage en réécoutant la saga Naheulbeuk.

Ou alors, prenez E. et D., deux AED avec qui j’échange quelques bonjours et deux trois phrases sur la musique depuis le début de l’année. Je passe une petite heure à discuter par intermittence avec eux en cette fin de matinée. Un tas de gouts communs nous rapprochent. Et ce sera probablement la seule fois où j’échangerai avec eux.

Ce que j’aime, avec ce travail, c’est cela : des individus. Que l’on est forcé à fréquenter, que l’on ignore, parce que nos fonctions respectives ou nos emplois du temps ne se croisent pas.

Mais qui ont tous leurs mondes.

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