Samedi 26 octobre

Cette semaine, je suis passé à la poste.

J’avais une dizaine de lettres à la main. Une dizaine de lettres écrites par des mômes de troisième, il y a six ans.

C’est loin d’être un exercice rare. Les lettres, ils se les étaient adressées à eux-mêmes. À ceux qu’ils seraient dans plusieurs années. Au poids, je sens que certains se sont écrits plusieurs pages. Certaines lettres ne sont pas scellées. Pas facile de résister à la tentation de jeter un coup d’œil à l’intérieur.

Combien de rêves, là-dedans ? Quelles envies ? Les mômes – les jeunes gens, aujourd’hui – qui les recevront, s’ils les reçoivent, se retrouveront-ils dans ces lignes écrites pour un devoir il y a si longtemps ?

Des lettres écrites il y a six ans. J’aurais dû me livrer, également, à l’exercice. À quelques jours de mes trente-sept ans, je me pose la question, de plus en plus souvent : que reste-t-il de ces silhouettes que j’ai été ?

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