Mercredi 30 octobre

L’autre jour, sur un réseau social, j’exprime mon ras-le-bol (j’aime bien l’expression “exprimer son ras-le-bol”, c’est tellement plus poli que “je grogne tellement de colère que je bave partout”) quant à une énième politique concernant le port du voile lors des sorties scolaires.

Je n’ai pas envie de m’étendre dessus, d’abord parce que ce serait inconfortable, ensuite parce que, en ce temps de polémiques et de réactions qui fusent à tout va, balancer encore un peu de kérosène sur le feu ne serait pas très opportun. 

Une personne répond en disant qu’il y a quand même un sacré contraste entre ce genre de polémique et le fait de faire étudier Les lettres persanes à des mômes. Et c’est là que je retombe sur mes pieds. En me rappelant, après l’avoir oublié pour la énième fois, que c’est là que se situent le combat de l’enseignant.

Au risque de passer pour un élitiste forcené, je me dis que c’est de cela dont les élèves doivent se souvenir, plus tard dans leur vie : plutôt que de petits bonshommes qui s’agitent en râlant dans un écran, les mots et les pensées qu’ils ont découverts quand ils étaient plus jeunes. Même s’ils ne s’en souviennent plus totalement, même s’ils n’ont plus le nom exact d’Usbek et Rica en tête. Qu’ils gardent les mots, et la pensée. Que ce soit un talisman et une armure contre la médiocrité. Toujours retravailler, remettre sur le métier les cours et les activités. Pour permettre aux mômes d’oublier ces réactions affligeantes, ces parodies de débats.

Je l’ai déjà dit et je le répète : ces polémiques malsaines passeront. Mais l’école restera. Tirons-en le meilleur partie, c’est là qu’est l’enjeu. Le reste, ne fait pas le poids, devant tout ce que nous pouvons leur transmettre.

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