
Je consacre une partie de la matinée à la paperasse administrative que j’ai accumulée au boulot durant ces trois derniers jours où, très lâchement, je ne suis pas allé consulter mes divers mails et messages.
Quand on est prof, la collecte d’information s’apparente à un escape game particulièrement tordu : entre la boîte mail académique, la boîte mail du boulot (parce que tu ne peux pas rediriger la boîte mail académique sur la boîte mail du boulot), la messagerie de l’intranet de ton bahut, les messages envoyés sur Pronote, sans compter les documents papiers qui passent par la salle des professeurs, ou tout simplement à la bouche (”Vous penserez à passer me voir plus tard.” te susurre Cheffe alors que tu montes en cours en empêchant Loren et Renaldo de se taper dessus, qu’Hida veut savoir si c’est aujourd’hui le contrôle, hein c’est aujourd’hui le contrôle, HEIN C’EST AUJOURD’HUIIIIII ?)
N’étant pas encore au niveau de la phobie administrative de certain (hin hin), je suis cependant une brêle dans tout ce qui est gestion raisonné des papelards divers et variés. Et surtout, depuis que je suis entré dans l’enseignement, j’ai un mal fou à hiérarchiser les messages pour le moins dispensables (les propositions de bêta-testeur de manuels scolaires de la prochaine réforme de notre Ministre adoré) et ceux qui nécessitent une attention immédiate (la réunion qui aura lieu hier après-midi).
Comme bien d’autres choses, je n’ai jamais été formé à ça, ce qui, au fond, est le lot de tout le monde mais, surtout, personne ne m’a jamais prévenu de la dose d’administratif que renferme ce boulot. Administratif qui n’est pas que kafkaïen : il y a dans les documents qui nous submergent des informations essentielles. Des écueils auxquels nos élèves se heurtent tous les jours, et dont on nous prévient ; des possibilités d’en aider d’autre. Des possibilités de faciliter notre travail.
Je passe le samedi matin à trier cette boue numérique et je déteste ça. Malgré tout, elle devient chaque année un peu plus essentielle. Un peu plus un corollaire de notre métier, avec lequel il faut apprendre à vivre.
Gérer les inconforts, c’est ça aussi, le boulot.