Mardi 17 mars

Bon. J’ai passé mes trois premières années d’enseignement à pleurer que j’étais nul en tant qu’enseignant et que jamais je n’y arriverais. Puis, trois autres années à osciller, soutenu par les meilleurs collègues du monde.

Et après avoir cru être arrivé à une sorte de stabilité dans mes connaissances professionnelles, voilà-t-y pas qu’une saleté d’organisme primitif me renvoie quasiment à la case départ. Je me rends compte, dans le désordre :

– Que les outils mis en place part le CNED et l’Éducation Nationale prennent cher, rapport au nombre de connections effectuées par les élèves et les profs de la France entière. Force aux ingénieux qui essayent de résoudre ce problème.

– Que faire cours aux mômes de chez eux relève du funambulisme sur fil de nylon par jour de grand vent. Près de la moitié des mômes d’Ylisse, dans plusieurs classes, n’ont pas de chambre à eux. Ils tentent donc de travailler sur papier ou par informatique, à la table de leur cuisine.
Et même ceux qui sont équipés d’un point de vue technologique, oscillent entre téléphones, tablettes… peu d’ordinateurs, permettant de bosser dans de bonnes conditions.

– Que les profs stressent beaucoup. Le groupe de communication d’Ylisse regorge de préparations hyper pointues, d’enseignants qui se torturent les méninges (et le droit à la déconnexion), pour réussir à faire en sorte que les cours continuent, le plus normalement possible. Comme si cette grosse chose qui ébranle le pays n’était, finalement, que quantité négligeable.

Bâtir sur une béance. C’est à cela que nous nous emploierons, tous, profs et autres, dans les mois à venir.

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