Dimanche 22 mars

Dorohedoro (”De la boue à la boue”, pour le traduire grossièrement) est un manga, également adapté en anime, de Q. Hayashida. Il fait partie de la catégorie des seinen, donc, pour faire simple, des séries plutôt réservées à un public adulte.

L’histoire a toute le côté tordu et glauque que l’on peut attendre dans ce genre de production : elle se déroule principalement dans la ville de Hole, une métropole sale et mal famée, dans laquelle des humains tentent désespérément de vivre leur vie. Tâche rendue ardue par les mages, vivant dans un autre monde, nettement plus agréables, et qui se servent de Hole comme d’un grand terrain de jeu ou d’entraînement, et de ses habitants comme cobayes pour leurs expérimentations souvent dégoûtantes.

Dorohedoro suit principalement l’histoire de Caiman, un habitant de Hole, qui se réveille un beau jour, dépossédé de sa mémoire mais affublé d’une tête de crocodile. Plus curieux encore, il semblerait qu’un être humain vive à l’intérieur de sa gueule de saurien. Persuadé d’être la victime d’un mage, Caiman se lance dans une vendetta à leur endroit, avec l’aide de Nikaido, propriétaire d’un restaurant local et adepte des arts martiaux.
En parallèle, le scénario nous amène à explorer le monde des mages, dont les jeux d’influence et les manipulations politiques le rendent à peine moins inhospitalier que Hole.

Le style de Q Hayashida, travaillant énormément sur les textures et l’impression de saleté, donne énormément de cachet aux aventures de Caiman et Nikaido, que les personnalités totalement chaotiques sortent joyeusement des clichés du genre. Dorohedoro est, de fait, violent, gore, grossier, mais jamais gratuitement. Et si les combats sont toujours sanglants, Q Hayashida parvient à faire oublier leur côté malaisant dans de grands éclats de rire, et une intrigue qui tient la route, malgré son côté n’importe quoi. La galerie de personnages absolument barré, d’Ebisu, la magicienne à la poisse olympique au chat capable de ressusciter les morts contribue également beaucoup au plaisir de lecture.

Bref, Dorohedoro est un voyage boueux et cahotant, mais terriblement attachant et, vu sa longueur, est un chouette compagnon par les temps qui courent. Et si tu n’as pas le temps, l’anime est très chouette également.

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