Jeudi 26 mars

Téléphoner aux élève est devenu une obligation, à laquelle j’essaye de mettre d’immenses barrières – uniquement le matin (je ne sais pas pourquoi), en anonymisant mon numéro, pas plus de cinq appels par jour… – mais malgré ça, je me sens toujours aussi mal à l’aise quand je prends le combiné, et encore plus quand la personne décroche au bout du fil.

De l’autre côté, dans l’immense majorité, des parents presque soulagés d’entendre parler de leur enfant. Les problèmes de connexion, les absences, les travaux réussis, aussi, car on appelle aussi les élèves qui donnent l’impression de gérer la situation correctement. 

L’expression “tisser du lien” a beau être cliché, elle est importante. Montrer que l’idée de l’Éducation Nationale, à défaut de sa structure, persiste. J’ignore si c’est notre rôle. Je continue à me demander, à ce jour, quel est notre rôle en ces temps de confinement.

Et puis, tout à l’heure, j’ai pensé, comme souvent, à Doctor Who. Et à cette phrase, que dit le Premier Docteur, au début de ses aventures, et dont on apprendra qu’il l’a en fait entendu prononcée pour la première fois par une jeune femme qui voyagera avec lui bien des années plus tard : “La peur fait de nous tous des compagnons.”

Laisser un commentaire