
En pleine préparation des cours pour ces deux dernières semaines. Beaucoup de méthode, afin que les élèves partent en vacances avec un socle un peu solide en tête (visiblement je ne suis pas le seul, un collègue de SVT avec qui je parlais hier a eu la même idée), quelques activités légères afin de ne pas les enfouir sous des notions trop complexes, et des fiches sur les différents mouvements littéraires et les grandes règles grammaticales de l’année.
Je me demande ce que le confinement créera, dans l’apprentissage de nos élèves : des béances ? D’autres types de savoir ? Ou rien du tout ? C’est une crainte qui me revient régulièrement, comme un fantasme ou un cauchemar : en fin de compte, quoi qu’il arrive, nos élèves arriveront tous sensiblement au même niveau, quels que soient leurs enseignants ou leurs parcours, la société est conçue comme ça et nous ne faisons aucune différence. Une sorte de monstre qui traine aux coins de ma pensée et que je repousse, année après année : enseigner est un acte de foi, et les résultats de notre travail, de nos idées, de nos expérimentations est rarement visible d’emblée.
Alors, jusqu’au bout, prendre soin de ces élèves. Soigneusement, choisir les meilleurs textes, penser aux activités les plus adaptées. Même s’il ne reste plus que deux semaines, même si ça n’a plus grand-sens : créons-en un peu.
Je me méfie énormément des croyances. Mais pourtant tente de forger, au quotidien, celle que j’ai en ma profession.