
Correction des copies de la sixième Akwakwak. Par rapport à leurs premières évaluations de fin de chapitre, les progrès de présentation sont impressionnants. Les lettres sont laborieusement tracées là où il fallait, les traits inscrits à la règle, et les réponses aux questions, prennent la forme de phrases cohérentes.
Il a fallu à ces élèves d’immenses efforts de concentration pour parvenir à faire ce que leurs comparses des autres classes ont accompli sans difficulté dès le premier jour. Et me revient en mémoire une question de C., l’une des AESH “Comment tu expliques que telle classe se comporte d’une certaine façon, telle classe d’une autre… ?”
De petits Leviathan. Comme le concept de Hobbes, j’ai la sensation que les individualités présentes dans un groupe constituent un organisme avec sa propre identité. Je ne pense pas que les Akwakwak soient moins intelligents que les Brindibou ou moins débrouillards que les Canarticho. Mais la rencontre de ces personnes a crée un organisme pataud, qui peine à accomplir des tâches simples pour leurs camarades.
Le tout, pour un prof, est de ne pas tomber dans le piège. Celui de la comparaison (”Dans l’autre classe, ils y arrivent). Oublier les mômes, pour ne plus voir que l’ensemble, plus facile à gérer.
Changer l’énergie d’une classe, une fois qu’elle est formée, est souvent très difficile. Mais venir à la rencontre de chacun des membre qui la compose, afin de ne pas les laisser en souffrance dans ce Leviathan, est essentiel.