Mercredi 17 février

“Maître, tu as vu mon texte ?
– Attis, on dit “monsieur vous”.
– D’accord maître.”

Attis est en sixième. Et a beaucoup, beaucoup à acquérir. Son AESH l’entraîne en ce moment à classer les fruits et les légumes, tandis que nous apprenons les fonctions avec le reste de la classe. Afin d’éviter de trop déconnecter, nous le faisons participer à un maximum d’activité. Comme l’écriture d’histoires. Mais la frontière entre ce que je suis censé lui enseigner et son univers mental est si importante…

“Maître, tu crois que je vais réussir à apprendre comme les autres ?
– Monsieur, vous…
– Tu es drôle maître.
– Ah bon ? Pourquoi ?
– Ben parce que t’es pas un monsieur. Tu m’apprends des choses et tu m’expliques même quand je comprends pas. T’es un maître.”

Il sourit, derrière ses grosses lunettes. Il a l’air parfaitement serein, parfaitement posé. En début d’année, je l’avais étiqueté comme paumé.

En fait, je me demande si je n’inverse pas. Si ça n’est pas moi, qui suis paumé.

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