Vendredi 5 mars

Dernier “vrai” jour de vacances. Durant le week-end, comme chaque week-end, montera l’anticipation et la légère angoisse précédent chaque reprise.
Angoisse dont je n’ai toujours pas réussi à me débarrasser, angoisse toujours aussi peu rationnelle. Car en fin de compte, cette année se passe plutôt bien, et je serai heureux de retrouver les élèves. Mais malgré cela, toujours, la boule au ventre.
Je ne dirai pas que je m’en réjouis, mais elle me reconnecte avec ce prof débutant qui s’est galéré tout ce qu’il pouvait en début de carrière. Qui s’est demandé s’il n’avait pas fait une terrible erreur. Cette angoisse me rappelle que rien n’est jamais acquis, qu’on recommence en permanence.
Chose que je fais peu, je relisais hier des pages de ce journal, et ai pas mal souri (et serré les dents) devant la prétention dont je faisais preuve. On se protège comme on peut de sa pétoche…
Une nouvelle rentrée, une nouvelle angoisse. Mon privilège est que je sais désormais qu’elle disparaîtra quand je serai en classe. Et c’est une sacrée chance.