Mardi 1er février

Journée importante aujourd’hui : je m’aperçois que certains élèves commencent à accepter mon monde.

Ce n’est pas rien, pour un élève, que de découvrir les univers de chaque enseignant. Ses habitudes, ce à quoi il attache de l’importance, ses valeurs et ses bêtes noires. En général, ça se fait en début d’année. Alors, forcément, quand arrive un remplaçant en milieu d’année, rebattre les cartes, ça n’est pas évident. Et comme la classe est déjà constituée, pourquoi ne pas tenter le rapport de force.

Ce rapport de force, j’y ai toujours le droit “On ne faisait pas comme ça avec Mme Unetelle ! D’habitude, en début d’après-midi, ça se passe comme ça ! Les autres profs ils permettent – ou ne permettent – pas ça !”

Savoir se plier aux usages communs mais ne pas céder sur ce qui fait le cœur de son enseignement. Ce que l’on s’est forgé au cours des années. Ça n’est pas une gymnastique facile. C’est même franchement désagréable. Mais je tente de m’y plier. Je les ai entendu dans la cours, ce matin, ils m’appellent Pascal le grand frère, je ne sais pas ce que je dois en penser.

Surtout, ils protestent moins. Je n’ai pas à m’arrêter à chaque pas ou presque pour réexpliquer, montrer, argumenter. Bel effort de leur part.

Mais, rendons à César ce qui est à César, de la mienne également.

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