Lundi 14 février

Sur les murs de toutes les salles où j’enseigne, sont affichés des modèles. Il n’y a que moi pour les voir, après tout, ce n’est qu’imagination, tout ça.
Mais ils sont là.
Ces collègues que j’ai fréquentés au cours des années. Ce n’est pas pour se donner du courage. C’est pour se rappeler de tout ce que j’aimerais transmettre quand je suis devant des mômes. C’est une sorte d’éthique, une sorte de code affiché en visages, en sourires, en souvenirs. Me rappeler comment je veux être rigoureux, précis et enthousiaste. Comment je refuse de transiger sur certaines valeurs, comment je veux mettre de la distance sans jamais devenir froid, comment je veux prêter attention à chacun d’entre eux en restant avant tout enseignant. Je n’ai rien inventé. Tout ça vient d’elles et d’eux.
Je suis devenu prof n’importe comment. Et j’ai forgé mes armes au gré de rencontres, qui m’ont apporté tellement plus que les bouquins que j’ai pu compulser sur la pédagogie. Mais ça n’est pas juste ça. Où que je sois désormais, où que je le vent me porte, il y a ce pilier, qui me soutient. Ce n’est pas uniquement des souvenirs ; ça fait désormais partie de moi.
Et, dans les moments où je me sens prétentieux, où je suis fier de ce que j’ai fait avec les mômes, je me dis qu’ils ont bien de la chance d’avoir tous ces profs dans ma classe.