Vendredi 15 septembre

Je me glisse dans le métro rennais quelques secondes avant la fermeture des portes. Ça n’est pas recommandé, et un peu idiot. Mais je suis en retard, et de toutes façons, personne ne me connaît dans le coin alors

“Monsieur Samovar ?”

Éééééévidemment.

Je cligne des yeux, un peu ébloui par la course et le sourire ultra-bright que me lance un grand jeune homme, qu’il me faut, comme toujours, du temps pour reconnaître. J’ai brièvement enseigné à Vlad en seconde, lors de mon premier passage au lycée. Il faisait partie d’une classe remarquable, une classe composée d’élève d’une bienveillance en titane, qui m’ont accueilli, prof maladroit et débutant en seconde, avec patience et gentillesse. Et on fait énormément pour ma confiance en moi.

Ironique que ce soit aujourd’hui que je rencontre Vlad, en cette année d’enseignement au lycée.

On n’a pas longtemps, une poignée d’arrêts. Alors on fait défiler les mots et les souvenirs : ce qu’il fait actuellement, quelques images de nos cours en commun, deux ou trois blagues. Il parle avec aisance et audace. Il a l’âge d’être un protagoniste : celui où tout le potentiel intellectuel et physique qui s’est tissé, des années durant, est prêt à se dévoiler. La promesse d’un espoir, toujours renouvelé.

Ça n’est pas grand-chose, ça a duré quelques minutes.

Mais j’en ressors rasséréné. Ça vaut le coup. Croiser la route de ces êtres et leur donner tout ce qu’il est possible de donner, ça vaut le coup.

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