Jeudi 28 mars

Il y a eu un incident au lycée. Je n’en parle pas ici, ce n’est pas ce qui importe. Ce qui importe, c’est que j’ai pris du temps pour en parler avec les secondes. Et que c’est l’un des moments où j’ai réussi à bien choisir mes termes. Des mots précis, ni trop bas, ni trop hauts pour eux, qui s’adressent à leur maturité et leur intelligence.

C’est très beau.

C’est très beau, quand on parvient à accomplir ce miracle. Quand nos phrases, qu’elles parlent d’analyse de texte ou de comportement inacceptable, résonnent en eux, et avec respect. Il y a quelque chose qui s’enflamme. Quelque chose qui les grandit, qui laisse entrevoir les adultes qu’ils pourraient être, qu’ils seront, qui sait, si ce brasier vient à grandir. Ils sont beaux, elles sont magnifiques, quand on prend soin de notre langage.

Et puis il suffit de pas grand-chose.

Une hésitation, une imprécision, un raccourci ou une blague un peu lourde. La classe redevient cet ensemble chaotique d’individus. Rien de plus normal, nous n’avons pas à être en permanence des équilibristes de nos mots.

Mais tout de même, y être attentifs. Ils leur sont précieux.

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